17/06/2007

"Les deux hommes" - Lynda Lemay

superbe chanson de Lynda Lemay sur l'homoparentalité... encore une fois, Lynda montre que sa plume peut émouvoir sur des sujets que bien des chanteurs et chanteuses sont incapables s'assumer et d'écrire...

 

lemay

 

Ils voulaient devenir parents, les deux hommes

Et ils se sont battus longtemps

Pour avoir tout simplement, les deux hommes

Les deux têtus, les deux amants

A une famille...alors ils ont

Adopté un joli poupon

 

Ils sont enfin devenus papas, les deux hommes

Et comme tous les papas sérieux

Ils se sont creusés malgré eux, les deux hommes

Des cernes mauves sous les yeux

A chercher la meilleure façon

De s'occuper d'leur nourrisson

 

Il n'aura pas eu de maman, le petit môme

N'aura tété que des biberons

N'aura pas connu ces seins blancs que l'on donne

A tant d'autres petits garçons

Dans ces maisons ou ça s'querelles

 

Ils n’y arrivaient pas trop mal, les deux hommes

Les deux amoureux, les deux mâles

Même s'il était clair dans la tête des deux pères

Qu’ils ne pouvaient pas se permettre

Les mêmes faiblesses que l'on pardonne

A tous les parents de la Terre

 

Il aura grandi calmement, le garçon

Jusqu’a cinq ans, jusqu'a l'école

Où bien sur quelques garnements se moqueront

En le traitant de fils de folle

Et il en gardera des séquelles

Il reniera ses paternels

 

Ils étaient de braves parents, les deux hommes

Mais l'monde étant c'qu'il est devenu

L'amour, ben c'est pas différent pour deux hommes

Souvent l'amour, ça en peut plus

Et ce fut l'cas d'cet amour-la

Les deux hommes ont baissé les bras

 

Un tel échec fait toujours mal, on n'veut pas

Se r'trouver monoparental

Mais quand tu t'fais appeler pédale et papa

Là t'es un homoparental

Pour les langues sales et les jugements

Les "on l'savait qu'ça foutrait l'camp"

 

Ils feront tout pour consoler leur enfant

Leur adolescent partagé

Qui tentera bien de n'pas rêver d'sa maman

De sa peau tendre et satinée

Et d'son épaule comme une gouttière

Pour y déverser ses rivières

 

Ils seront toujours les parents, les deux hommes

De l'homme que leur fils deviendra

Et même s'ils n'entreront jamais dans les normes

S’ils auront été maladroits

Ils n'auront pas perdu le droit

D'être des hommes dignes et droits

 

Ils seront toujours des papas, les deux vieux

Et leur garçon s'en souviendra

Quand à son tour il embuera ses beaux yeux

En tenant un poupon dans ses bras

Et c'est à temps qu'il comprendra

Un petit peu mieux les deux hommes

Et c'est à temps qu'il reviendra

Avant que ses papas s'endorment.

16:44 Écrit par Piedro | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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